attaques de rapaces 04/04/2011
De trop nombreuses plaintes nous parviennent, que faisons-nous, seul dans notre coin
Certains essayent les cris de grand duc les yeux peints des boules en verre , rien de bien efficace
Il suffit pour s’en convaincre de voir les pertes de jeunes sur le toit de nos colombiers
( quatre plaintes , cette semaine )
Mr DERNANCOURT ,chargé de ce problème depuis plusieurs années par notre président mr DE SOUSA ,fait tout ce qu’il peut mais , il ne reçoit que 300 plaintes par an c’est 2000 qu’il faudrait
Pour que les ministères concernés réagissent
Vous n’êtes pas seul ajoutez votre témoignage sur le site
Fédération colombophile française
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Réagissons avant qu’il ne soit trop tard
Autre article RAPACES JL DERNANCOURT (doc )

Articles Vétérinaires 09/06/2010
J'ai eu l'autorisation par le Dr Walker, vétérinaire australien, de traduire et publier sur mon blog les articles qu'il a écrit. Je trouve qu'ils sont parfaits pour le débutant comme pour le colombophile averti.

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Les Circovirus 07/03/2010
Les Circovirus

Zsolt Talaber

Il s'agit d'un problème très significatif qui, dans de nombreux endroits, n'a pas encore été reconnu, et qui est susceptible de causer d'énormes problèmes au pigeon voyageur, tant à court qu'à plus long terme.

Histoire

Les maladies causées par le circovirus sont connues depuis longtemps chez les poulets et les espèces de perroquet. La Circoncise a été découverte chez les pigeons au Canada en 1986. Il a été diagnostiqué en France trois ans plus tard, puis, dans certains états des États-Unis
.
Chez les poulets le virus provoque une anémie, tandis que chez les espèces de perroquets les principaux symptômes sont des troubles dans la formation du plumage et du bec. Ces dernières années, cependant, le circovirus a été trouvé chez d'autres espèces d'oiseaux, notamment les pigeons. Il est probable que l'infection des pigeons avec le circovirus est beaucoup plus répandue que nous l'estimons , parce que le circovirus, en tant que cause ou comme catalyseur de maladies très graves, ne donne pas de symptômes spécifiques et ainsi sa présence passe le plus souvent inaperçue.

Transmission

Il est probable que le virus se transmet principalement par voie fécale. Bien qu'il puisse être présent dans les sécrétions nasales ou de la gorge des pigeons infectés, sa transmission par l'eau potable ou via l'air n'est pas encore prouvée. Il n'est pas non plus clairement établi quelles espèces d'oiseaux sauvages sont infectées par le virus et dans quelle mesure et avec quelle intensité ils le rejettent dans l'environnement. Les circovirus sont généralement très résistants à la chaleur et aux divers désinfectants, et leur éradication nécessite beaucoup de soin.

Dommages

Chez le pigeon, le circovirus attaque et détruit les cellules des organes lymphoïdes (la rate, le thymus, la bourse de Fabricius), qui font partie du mécanisme de défense de l'organisme, et ce virus ressemble au VIH qui conduit au SIDA chez l'homme. Ensuite, le système immunitaire est affaibli et n'est plus capable de lutter contre d'autres pathogènes et donc un spécimen infecté par le circovirus peut en théorie tomber malade de tout autre agent pathogène; en effet, même les microbes inoffensifs peuvent l'attaquer.

Le virus présente essentiellement un danger pour les jeunes oiseaux qui ont moins d'un an. Au delà de l'âge d'un an, les pigeons deviennent plus résistants, parce qu'ils développent une immunité âge-dépendante. (La raison en est que d'un groupe de glandes lymphatiques, la bourse de Fabricius, dans lequel le virus serait capable de multiplication s'atrophie de façon naturelle avec l'âge.)

Il a également été suggéré que les spécimens plus âgés dans de nombreuses colonies avaient déjà survécu à l'infection par le circovirus, qui pour une raison quelconque, n'avait pas été reconnu à l'époque, par exemple si la maladie était d'intensité légère, ou si la cause du décès n'avait pas été établie. Les oiseaux plus âgés qui ont survécu à l'infection ont probablement développé une protection efficace contre elle, et ont donc été épargné si l'infection devait avoir attaqué une seconde fois la colonie.

Symptômes

Il n'est pas facile de reconnaître l'infection par le circovirus dans les colonies de pigeon car les symptômes peuvent varier dans un spectre très large, spécialement si d'autres agents pathogènes accompagnent l'infection. Ces pathogènes qui occasionnent cette attaque secondaire peuvent être des bactéries, des virus, des parasites, des champignons, ou une combinaison de ces éléments. Donc, nous devrions commencer à soupçonner les dommages causés par le circovirus si un certain nombre de maladies montrent leur tête dans le colombier en un court espace de temps, et cela est particulièrement suspect s'il ne s'agit que de l'atteinte de jeunes oiseaux.

Dans les cas graves et aigus, les oiseaux perdent l'appétit, deviennent léthargiques, et meurent en quelques jours. Dans les cas moins aigus, la léthargie est accompagné par de la diarrhée et une perte de poids, puis les oiseaux deviennent incapables de voler, et seulement alors ils meurent. Un autre symptôme commun est la présence de difficultés respiratoires, accompagnées d'un écoulement nasal. Dans les cas prolongés, lentement mais sûrement, les pigeons deviennent de plus en plus maigres. Tous ces symptômes peuvent s'accompagner de diarrhées, dont la nature est également variable: elle est souvent faite d'un mucus gélatineux vert-brun, mais elle peut aussi être aqueuse. En plus de cela, des infections secondaires ou tertiaires peuvent signifier en théorie que les symptômes caractéristiques de toute autre maladie peuvent également apparaître.

Traitement

Comme les virus ne sont pas touchés par les antibiotiques, nous ne pouvons combattre le pathogène directement. Le plus important est d''assurer des dispositions optimales pour les pigeons, l'amélioration générale de leur force, l'administration de vitamines adéquates, et de soutenir le système immunitaire de toutes les manières possibles.

En outre, nous devons traiter les maladies causées par les infections secondaires inévitables avec les médicaments concernés, et ce, aussi rapidement et aussi précisément que possible. Par précision, nous entendons administrer la dose exacte de médicament de façon ciblée, comme nous devons faire également tout notre possible pour protéger un système déjà instable d'un antibiotique qui est souvent choisi de manière arbitraire (et donc inefficace), et/ou donné en trop grande dose.

Dimethylglycine (Vitamine du groupe B )

C'est un agent qui mérite une mention spéciale comme médicament qui est récemment devenu populaire et apprécié de façon élogieuse. C'est un composé qui interagit avec le métabolisme de l'oiseau en de nombreux points. Son efficacité a été également observé dans le cadre du traitement d'autres maladies infectieuses, et il est particulièrement évident dans le cas de circovirose. Utilisés selon les instructions, il a contribué à guérir d'innombrables cas apparemment désespérés.

La Dimethylglycine est particulièrement utile dans le traitement des maladies dues au circovirus, car il n'y a qu'une gamme limitée de médicaments qui sont véritablement efficaces.

Nous pouvons aussi nous aider de produits contenant des vitamines et des oligo-éléments, et de produits qui apportent un soutien direct au système immunitaire à partir de composants actifs. Ainsi, par exemple, des immunoglobulines, des anticorps « invités » importés dans le corps du pigeon, peuvent avoir un bon effet. (Voir le chapitre IV du livre pour plus de détails.)

Prévention

À l'heure actuelle il n'existe encore aucun vaccin spécifique contre la circovirose, et donc nous devons attendre avant de pouvoir assurer une protection active pour nos pigeons. Il est probable qu'un vaccin efficace soit disponible tôt ou tard - comme cela s'est produit dans le cas des paramyxovirus - mais il est difficile de deviner quand ce sera le cas. Si on regarde le succès de la recherche sur un vaccin pour un virus semblable au VIH, nous avons peu d'excellentes raisons d'être optimiste. (Si pas toujours possible que ce soit justement de l'expérience de la lutte contre le circovirus chez les pigeons qui aideront une percée dans la lutte contre le VIH.)

Malheureusement, la nature même de la colombophilie rend inévitable le fait que nos pigeons rentrent en contact avec des spécimens infectés et contractent le circovirus. Jusqu'à ce qu'un vaccin soit mis en circulation, la seule chose que nous pouvons faire est de mettre en œuvre des règles de prévention des épidémies de manière aussi complète que possible pour prévenir, ou au moins retarder, une infection de notre colonie, en accordant une attention particulière aux pigeons qui ont moins d'un an.

Note

Dans de nombreux pays il n'y a toujours pas de données réelles sur l'incidence du circovirus dans les colonies de pigeons. Il est probable qu'une enquête exhaustive donnerait des résultats aussi surprenants que ceux trouvés en Écosse. Le virus a été identifié en 1994, et un programme de recherche récente a étudié les oiseaux de 17 colonies. Les résultats ont été catastrophiques: dans 14 cas sur 17, les colombiers se révélèrent être infecté par le circovirus.

Le tableau général n'est peut-être pas tout à fait aussi tragique, mais nous devrions certainement supposer que l'infection par le circovirus a un effet très négatif. Comme c'est le système immunitaire que le virus endommage, un spécimen touché, même s'il ne semble pas malade, va mal réagir à la vaccination usuelle, voir pas du tout. Pour cette raison, si par exemple nous étions amener à vacciner un pigeon infecté par le circovirus contre la paramyxovirose, la vaccination ne sera pas réussie: aucune protection ne se développerait contre la paramyxovirose, du fait que le système immunitaire endommagé est incapable de fournir une réponse immunitaire normale au vaccin contre la paramyxovirose. Cela est vrai aussi pour d'autres vaccinations et c'est pourquoi les amateurs (et parfois les vétérinaires) sont souvent confus quand une colonie qui a été vacciné à plusieurs reprises de manière appropriée devient cependant malade avec par exemple de la paratyphose.

La situation est grave. En tout cas, voilà encore une preuve que nous ne pouvons pas protéger efficacement la santé de nos colonies de pigeon avec des médicaments et des vaccins seuls. En lien avec les infections à circovirus, nous pouvons dire aussi que les méthodes traditionnelles de protection semblent reprendre de la valeur: la prévention des épidémies, un niveau uniforme et élevé d'hygiène, le maintien des oiseaux dans un environnement sans stress avec une nourriture complète qui, tous, garantissent que le système immunitaire se maintiendra à un niveau élevé.

Nous devons par tous les moyens assurer des mesures strictes de prévention des épidémies de sorte de protéger les jeunes oiseaux contre l'infestation au moins jusqu'à ce qu'ils aient reçu les vaccinations les plus importantes (plus précisément, jusqu'à ce que celles-ci aient pris leur effet), car après toute infection possible par le circovirus il ne sert à rien de vacciner contre d'autres maladies.

C'est pourquoi la vaccination contre le paramyxovirus doit être faite dès que possible, lorsque les pigeons sont âgés de trois semaines! En théorie, on peut vacciner contre la paratyphose dès l'âge de quatre semaines, mais cela dépend bien sûr d'un certain nombre de facteurs, notamment le vaccin utilisé et de quand à lieue la vaccination contre la paramyxovirose.
En colombophilie, Bernard HINAULT et ... 08/08/2009
... LUTIN D’ISIGNY n’existent pas.

Nos avons coutume d’essayer de rapprocher notre passe temps favori d’un autre sport nationalement connu comme le cyclisme ou les courses de chevaux, et pourtant, ce ne sont pas du tout à ces épreuves que je pense lorsque j’attends mes compagnons ailés.

En effet, nous ne pouvons comparer la colombophilie au cyclisme pour deux raisons évidentes. La première s’explique par le fait qu’en colombophilie, la course d’équipe n’existe pas. Vous n’imaginez pas un seul instant qu’une équipe de pigeons appartenant au même colombier travaille comme des équipiers du Tour de France, protégeant leur leader pour l’amener au mieux de sa forme dans les derniers kilomètres. Nous pouvons dire sans hésitation qu’en colombophilie, c’est la loi du chacun pour soi qui domine le peloton et rien d’autre.

La seconde raison, pour moi la plus importante, réside dans le fait que contrairement à ce que l’on pense, tous les pigeons voyageurs volent plus ou moins à la même vitesse sur l’ensemble du parcours. En effet, nous n’avons encore jamais vu un crack s’échapper du peloton « au train », en laissant ses adversaires sur place comme savaient le faire Bernard HINAULT, OURASI ou son illustre prédécesseur surnommé le « Globe Trotteur » : LUTIN D’ISIGNY. Il suffit de lever les yeux le dimanche matin pour ce rendre compte de cette évidence.

Ce n’est jamais la vitesse intrinsèque du pigeon voyageur qui fait la différence mais le chemin qu’il emprunte. Le classement des pigeons sur la vitesse propre serait-il donc une erreur monumentale ?

Compte tenu de ce que nous venons de voir, le calcul de la vitesse à laquelle vole chacun de nos pigeons est en effet une vaste fumisterie, car nos pelotons ailés ne s’étirent jamais en longueur mais en largeur. Une fois que les pigeons physiquement diminués au départ à cause de leur état de santé (voies respiratoires encombrées, entraînement insuffisant, plumage dégradé …) ont été décrochés, ce sont les pigeons les plus volontaires et les obstacles naturels du terrain qui vont diviser le peloton en plusieurs dizaines, voire quelques centaines de petits groupes.

Il s’agit à cet instant précis de disposer du pigeon le plus motivé pour que sa place dans le peloton lui permette de toujours sauter dans le « bon wagon », ou plus encore d’emmener ses congénères sur ses traces. La trajectoire de son groupe se rapprochera alors le plus possible de la ligne droite et donc du plus court chemin pour atteindre son domicile. Ses compagnons de route n’auront pas démérité sur le plan de la vitesse puisqu’ils voleront ensemble à la même allure pendant tout le parcours. Mais ils s’apercevront trop tard, lorsque le « leader du groupe » aura plongé sur sa propre trappe qu’ils leur faut encore aligner plusieurs kilomètres pour retrouver leur casier.

Et c’est ainsi que le 5, 10 ou 30 kilomètres qui séparent théoriquement les colombiers de nos compagnons de route (sur le papier) vont se transformer en 10, 20 ou 60 kilomètres et presque autant de minutes qui feront rager leur propriétaire et baisser leur moyenne … On comprend donc aisément que le calcul de la vitesse moyenne des différents pigeons est scientifiquement incorrect. Cependant, elle est par définition proportionnelle à la distance et hiérarchise tout de même nos pigeons dans le bon ordre, même si les données sont fausses.

C’est pourquoi, j’aimerai rapprocher notre sport non pas du cyclisme, mais des courses au large de bateaux à voile, sport dans lequel le choix de la trajectoire est souvent plus important que la vitesse pure des concurrents. C’est aussi dans cette discipline que le vent, la météo et les notions d’aérodynamisme sont les plus intéressants à étudier et pourront faire l’objet d’un prochain article.

Marc SPALART
L'adénovirose du pigeonneau 18/05/2008
Avec les premiers entraînements de jeunes, reprennent les risques d'adénovirose. Voici les conseils du Dr Emmanuel LEYSENS pour lutter ou anticiper cette maladie virale.

SYMPTÔMES :
- diarrhée acqueuse - manque de dynamisme - vomissements.
En cas de complications par la bactérie E.Coli
- les vomissements sont agravés, mortalité possible.

CAUSES :
- le virus "adénovirus" profite d'une succession de stress supporté par les pigeonneaux; le sevrage, la vie en société, les entraînements, les changements de température et bien entendu le parasitisme (vers, trichomonas et coccidies) affaiblissent nos jeunes protégés.

TRAITEMENT :
- Lutter contre les conséquences de la diarrhée : électrolites, ferments lactiques (Aviflor 2,5 Ml par litre d'eau durant 7 jours).
- Donner un mélange de graines les plus digestes possibles comme le "super diète" mais pas de maïs, pas d'orge (graine laxative)...

Donner aux pigeonneaux les moyens de lutter :
- Vitamine E + vitamine C + méthionine exemple floratonyl ou floramue, levure de bière, jus de baie de sureau "en graineterie"
- En cas de mortalité - contre le colibacyl - Baytril 10% - 1 ml par litre d'eau.

Dr Emmanuel LEYSENS
Ecologie et colombophilie 01/05/2008
Je suis toujours étonné lorsque j’arrive chez un colombophile et que je vois sur le pas de la porte une grande poubelle ou trois sacs plastique pleins de fientes de pigeons qui attendent le jour du ramassage des ordures pour partir. Le principe me surprend d’autant plus lorsque dans le même temps, j’aperçois en traversant le garage deux sacs d’engrais chimique qui attendent pour être épandus dans le jardin ou dans le potager. C’est un non sens sur le plan agronomique mais aussi sur le plan économique.

En ville, les fientes de pigeons ont mauvaise réputation et cela peut se comprendre. Elles dégradent les monuments, tâchent les feuilles des plantes ornementales ou salissent les balcons. Je peux en témoigner puisque c’est grâce à cela que je suis devenu colombophile. Dans les années 75 à 80, mes parents m’avait chargé d’attraper au « corbeau dort » tous les pigeons qui nichaient sur notre maison et enduisaient les balustrades de nos fenêtres de leurs fientes. J’ai donc capturé des dizaines de pigeons de ville avec du maïs enduit de cette poudre bleue avant de croiser le chemin de 2 pigeons voyageurs qui m’ont inoculé le virus de la colombophilie : un hollandais et un allemand de toute beauté.

A la campagne par contre, et nos ancêtres savaient s’en servir, les fientes de pigeons des colombiers seigneuriaux ont très bonne réputation. De l’Asie à l’Afrique, en passant par l’Europe, les agriculteurs récupèrent cet engrais de choix pour fertiliser leurs terres. En effet, les déjections de volailles présentent un des meilleurs équilibres N-P-K (azote, phosphore, potassium) que l’on puisse trouver. Il suffit pour s’en rendre compte de diluer des fientes dans un arrosoir d’eau et d’épandre ce mélange sur votre gazon aux endroits où il est un peu jaune du fait de la nature du sol ou de la présence d’un arbre un peu envahissant. Vous retrouverez quinze jours à trois semaines plus tard exactement les traces de votre arrosoir sur le passage duquel le gazon sera plus vert et plus haut.

La deuxième expérience que j’ai réalisée est de placer pendant l’hiver une volière à fond grillagé contenant des pigeons sur le gazon. Au printemps, loin d’avoir souffert ou d’être morte, l’herbe était deux fois plus haute et plus verte à l’emplacement de la volière qu’à côté, ce qui veut dire qu’en dehors d’un contact direct avec les feuilles des plantes ornementales qui peut brûler le feuillage, les déjections de nos pigeons peuvent sans aucun problème remplacer les engrais chimiques du commerce.

FABRIQUER SOIT MÊME SON ENGRAIS

L’idéal cependant est de composter les déchets du colombier. Pour cela, il suffit de fabriquer un bac à compost en bois à ciel ouvert, posé à même le sol pour permettre à l’eau de pluie de pénétrer par le haut et de s’évacuer par le sol (cf photo).
Le meilleur équilibre est atteint en mélangeant dans ce bac :
- les fientes de vos pigeons, y compris les plumes, les poudres vitaminées et autres restes de grit,
- les tontes de gazon qui vont faire monter la température du tas de compost et accélérer sa décomposition,
- la paille issue du colombier si vous en utilisez. La paille de blé ou d’orge est moins pratique que la paille de pois dans les pigeonniers car elle est moins aérée et s’envole plus facilement. Par contre, elle est plus tendre et se décompose plus rapidement,
- des feuilles d’arbres qui à défaut de paille apporteront de la matière sèche car les fientes et les tontes sont trop riches en eau pour bien se décomposer seules,
- du sable ou de la terre dont vous n’avez pas l’utilité sur le moment et qui complèteront parfaitement le mélange.

Le bac se remplit tout au long de l’année par couches successives qui se tassent sous l’effet du soleil et de la pluie. Nous ne compostons jamais de déchets végétaux malades ou de mauvaises herbes : pieds de tomates, feuilles de vignes, tailles de rosiers, racines de chardons, adventices montées à graine… sont exclus du compost. Il est bon de retourner ce mélange une à deux fois dans l’année et de le traverser de temps à autre avec une barre à mine pour aider l’eau à pénétrer sur toute la hauteur du tas.

L’optimum est de disposer de plusieurs bacs (au minimum 3) et de faire un roulement. Le meilleur compost, parfaitement décomposé et bien grumeleux est obtenu après deux hivers soit 18 mois. Vous ne retrouverez ni fiente, ni plume, ni feuille, ni tonte mais de l’or pour votre jardin. Vous serez surpris du nombre colossal de vers de terre qui s’y développent et toutes les plantes à qui vous apporterez, soit à la plantation, soit au printemps le produit de vos bacs à compost vous le rendront au centuple par la richesse de leur végétation, de leurs fleurs et de leurs fruits. Il vous suffit pour cela de l’épandre à leurs pieds et de l’enfouir par un léger binage.
Ainsi, les sacs de grains que vous achetez à prix d’or pour nourrir vos champions vous serviront une seconde fois pour enrichir votre jardin et économiser l’achat d’engrais. Les colombophiles ne sont-ils pas tous concernés par l’écologie ?

Marc SPALART

Voler avec ses pigeons 31/12/2007
Suite à la sortie en France au grand écran du formidable film sur le vol des oiseaux « Le Peuple Migrateur », Michel DEBATS, co-réalisateur avec Jacques PERRIN et Jacques CLUZAUD de ce chef d’œuvre, s’est penché sur le vol des pigeons de toutes races et sur le cas des pigeons voyageurs en particulier. L’un des centres d’élevage et d’entraînement des oiseaux (oies blanches, bernaches, pélicans, grues …) « acteurs » du film se trouvant à Bois Roger dans le Calvados, Michel DEBATS s’est adressé à Patrice CHOLET, Arlette & Michel MARIE et Marc SPALART pour lui fournir des jeunes à entraîner.
Une vingtaine de pigeonneaux ont ainsi été confiés au cours de la saison 2002, avant leur sevrage, à Marie Noëlle DIVET, ornithologue de la station, afin débuter leur imprégnation. Nourris manuellement jusqu’à l’âge du sevrage, puis élevés dans un colombier mobile de l’armée suisse à la station de Bois Roger, les pigeonneaux ont débuté leurs premiers entraînements avec un U.L.M. à la fin de la saison. Contrairement aux oies ou aux canards qui non seulement « reconnaissent et adoptent » l’U.L.M. comme un congénère mais le suivent au sol et en vol comme leur mère, les pigeons ne se sont pas attachés à l’U.L.M. au point de le suivre en vol. Néanmoins, la machine est devenue un objet volant familier qui permet de les approcher et de les filmer en vol ce qui va permettre d’approfondir considérablement les connaissances sur le retour de nos protégés.
Parallèlement, Michel DEBATS, André SAINT GERMES (pilote de l’U.L.M.) et Sylvie CARCEDO (caméraman) ont réalisé d’autres essais avec des pigeons appartenant à Patrice CHOLET, Jean Marie DUCHESNE et Marc SPALART afin de mettre au point les techniques de prises de vues en condition de concours. C’est à cette occasion qu’il m’a été donné de réaliser un rêve d’enfant : voler de Bois Roger à Fresné la Mère avec mes pigeons voyageurs. Pour un colombophile, c’est un moment extraordinaire que de se retrouver dans le ciel de la Normandie, à suivre caméra au poing jusqu’au colombier ses propres oiseaux, en étant affranchi de toutes les contraintes du sol et de la circulation.
Cette expérience inoubliable s’est poursuivie par le concours du 15 septembre 2002 sur ASSE LE BOISNE au cours duquel plus de 60 amateurs du Calvados ont mis à disposition 1173 pigeons afin de recréer pour la société de production les conditions d’un véritable concours de pigeons voyageurs. Je remercie personnellement et au nom de toute l’équipe de GALATEE Films les amateurs qui, en dépit de la mue de leurs protégés et de la météo ont participé à ce concours d’automne et se sont vus récompenser par Michel DEBATS lors de la remise des prix du Groupement Colombophile du Calvados.
Quels sont les enseignements que nous ont procurés ces premiers vols ?
Nos pigeons volent à très basse altitude, le plus souvent inférieure à 100 mètres sol, voire inférieure à 50 mètres sol ou encore moins, à tel point que l’U.L.M. qui les suit est obligé de reprendre de l’altitude pour éviter les grands arbres ou les lignes à hautes tension en dessous desquels passent parfois les pigeons. Cela explique la perte d’un certain nombre de voyageurs de grande valeur. En effet, lorsqu’un pigeon pourtant très expérimenté, est amené à croiser des lignes électriques, des lignes téléphoniques, des routes et autoroutes sur lesquels évoluent des voitures et des camions à grande vitesse, il n’a pas toujours le réflexe de reprendre assez d’altitude pour éviter l’accident.
Il semble que plus les pigeons se sont bien orientés et plus ils sont proches de leur but, plus leur altitude diminue. Au contraire, de jeunes pigeons peu expérimentés ou des pigeons lâchés par de mauvaises conditions d’orientation vont prendre plus d’altitude au départ, le temps de trouver la direction de leur colombier. Lorsque après quelques kilomètres d’hésitations ils semblent avoir enfin trouvé leur destination, l’altitude s’amenuise progressivement et les pigeons entament leur retour le plus près possible du sol qui doit leur apporter de la portance par la chaleur qu’il dégage et les protéger des vents de face ou latéraux.
Lorsqu’ils abordent une petite vallée qui descend et remonte quelques centaines de mètres plus loin, nos pigeons suivent le relief, restant à altitude constante, au lieu de voler à « l’horizontale ». Cela veut dire que lors des retours de concours, nos pigeons se rallongent la distance qui les sépare de leur colombier non seulement dans le plan parce qu’ils ne volent pas en ligne droite, mais aussi dans l’espace parce que leur trajectoire « épouse » le relief du sol. La vitesse calculée pour établir le classement sous estime donc très nettement la vitesse réelle de nos coursiers. Il suffit pour s’en rendre compte de quitter des yeux quelques fractions de secondes les pigeons puis de prendre plusieurs dizaines de mètres de retard et l’U.L.M. aura bien du mal à refaire son retard.
Un certain nombre de pigeons se détachent d’eux même du groupe. Il ne s’agit pas uniquement de pigeons plus faibles ou en mauvaise santé qui se laissent distancer, ce sont aussi des pigeons qui, semble t’il prennent la tangente ou choisissent une autre direction volontairement et avec détermination. Ils n’atteignent pas pour autant leur colombier en tête comme j’ai pu le vérifier avec mes propres pigeons.
Les premiers enregistrements G.P.S. relevés en U.L.M. vont nous donner des précisions sur le chemin effectivement emprunté par les pigeons. C’est pour moi le sujet le plus intéressant pour les amateurs et qui n’a pas fini de nous surprendre. L’optimum serait de disposer de G.P.S sur les pigeons eux-mêmes ce qui permettrait de suivre la progression des oiseaux pendant les courses sans risquer de les perturber avec l’U.L.M. C’est la prochaine étape sur laquelle nous allons travailler la saison prochaine avec le Dr Hans Peter LIPP de l’Université suisse de Zürich et son collègue italien, le Dr Giacomo DELL’OMO.

Marc SPALART

La prophylaxie de vos pigeons 02/05/2007
Les colombophiles ont coutume de dire que la saison commence à la fin du dernier concours de la saison précédente. Je crois que cet adage s’applique non seulement à la sélection des pigeons (voyageurs et reproducteurs) sur les résultats des concours mais aussi à la prophylaxie de la colonie, c'est-à-dire à l’ensemble des traitements à appliquer pour permettre aux pigeons de se présenter dans les meilleures conditions la saison suivante.
Dans une colonie dite « ouverte », c'est-à-dire qui participe aux concours, aux expositions et qui achète ou échange des oiseaux, les pigeons sont inévitablement soumis à des agressions du milieu extérieur dans les paniers ou par les nouvelles recrues et les retardataires. C’est pourquoi je pense qu’il est indispensable de procéder à des traitements annuels ou semestriels afin de tenir en respect les principales maladies virales, bactériennes et parasitaires que sont : la paramyxovirose, l’adénovirose, la variole, la paratyphose, les vers (ascaris et capillaires), la coccidiose et la trichomonose.
Au cours du mois d’août, avant d’hiverner les pigeons et pour les « mettre au propre », en particulier si vous envisagez de leur faire élever des tardifs, il me semble nécessaire de profiter de la couvaison pour vermifuger l’ensemble de la colonie puis pour réduire le niveau de contamination en matière de coccidiose et de trichomonose par un traitement approprié. Les préparations actuelles proposées dans le commerce et qui permettent de traiter l’ensemble de la colonie par l’eau de boisson me semblent les plus fonctionnelles. Certaines d’entre elles peuvent être cumulées dans le même abreuvoir. Je réserve pour ma part les traitements individuels par comprimé à toutes les introductions de pigeons (retardataires, nouvelles acquisitions) qui surviennent après les 3 cures que nous venons de citer.
En dehors de maladies déclarées et pour lesquelles il faut faire appel au vétérinaire, je laisse ensuite les pigeons sans aucun traitement jusqu’à l’année suivante. C’est la meilleure façon de leur faire développer leurs propres défenses immunitaires, contre les maladies respiratoires en particulier. Seuls les tardifs doivent être vaccinés contre la paramyxovirose avant la fin de l’année. Si l’on recommande le plus souvent de vacciner les jeunes au sevrage (ce qui est un moyen mnémotechnique pour ne pas oublier) je préfère pour ma part attendre encore 2 ou 3 semaines afin que la bourse de Fabricius soit bien développée et que leur système immunitaire soit plus réceptif au vaccin, donc plus à même de développer des anticorps.
N’élevant pour ma part aucun jeune d’hiver, la saison commence pour nous par les accouplements de début février. Le mois de Janvier est donc consacré aux vaccinations de l’ensemble de la colonie (veufs, yearlings et reproducteurs). C’est la période idéale car il fait froid, les pigeons sont au repos et il se passera plus de 3 semaines avant la naissance des premiers jeunes ce qui va permettre d’optimiser la qualité du colostrum. En effet, avant d’être en mesure de produire leurs propres anticorps, les jeunes animaux reçoivent de leurs parents une certaine quantité d’anticorps par l’intermédiaire du colostrum. Cette immunité dite « passive » va leur permettre de se défendre contre les agressions du milieu pendant les premiers jours de leur vie. La qualité du colostrum sera d’autant meilleure que les parents ont eux-mêmes été récemment vaccinés. J’utilise pour ma part le colombovac PMV / Pox afin d’associer la paramyxovirose et la variole en une seule injection. Pour les pigeons (yearlings et jeunes reproducteurs) qui n’ont jamais été vaccinés contre les salmonelles, je procède avec un écart minimum de 3 semaines à une seconde vaccination contre la paratyphose.
Si les pigeons ont été hivernés dans des volières extérieures sans caillebotis, dans des colombiers paillés ou en semi-liberté, il y a un risque à ce que les pigeons se soient recontaminés par l’un ou l’autre parasite intestinal. C’est pourquoi il me semble préférable de profiter de la première couvaison pour revermifuger les pigeons et pour effectuer le second traitement annuel contre la coccidiose. C’est l’assurance d’avoir des jeunes qui pousseront bien, sans être contaminés au nid par leurs propres parents au moment de la régurgitation des repas.
Les femelles seront retirées avant leur seconde ponte afin de laisser les veufs terminer seul l’élevage de l’unique pigeonneau qui leur a été donné d’élever. Les premiers entraînements, voire les premiers concours seront joués sur cette position de nid au cours de laquelle les pigeons pourront être traités contre la trichomonose afin de leur permettre d’atteindre les premières grandes échéances (concours fédéraux et interrégionaux) dans les meilleures conditions. Les jeunes profitent indirectement de ce traitement avant d’être sevrés par l’eau de boisson que va régurgiter le veuf à son jeune. De leur côté, les reproducteurs reçoivent le même traitement à la même date alors qu’ils terminent leur seconde couvaison.
La première tournée de jeunes ainsi sevrée peut intégrer le colombier de pigeonneaux en pleine forme. Comme dans tout rassemblement d’animaux ou toute constitution de cheptel (surtout s’il y a quelques introductions de pigeonneaux extérieurs), il ne faut pas attendre les premiers signes de maladie respiratoire ou les premières pertes de pigeonneaux pour se soucier de leur santé. Comme nous l’avions testé avec succès lors du Trophée 2000, je réduis la contamination des pigeonneaux par un traitement antibiotique à large spectre contre les maladies infectieuses avant de procéder à leur première vaccination contre la paramyxovirose. Un rappel de vaccination un mois plus tard couplé à la première vaccination contre les poquettes (variole colombine) semble efficace pour protéger les jeunes qui seront joués l’année de leur naissance.
La trichomonose étant le principal agresseur de nos jeunes et de nos veufs dans les paniers de voyage, des rappels anti-trichomonose seront effectués au cours de la saison des concours en profitant des week-ends de repos. Il est bien entendu indispensable de toujours traiter les femelles de veufs en même temps que leurs partenaires car elle sont sujettes à toutes les contaminations lors du retour des concours et feraient perdre toute efficacité aux traitements si elles étaient négligées. Les pigeons étrangers et les retardataires seront toujours isolés et remis » au propre » par des traitements individuels avant de réintégrer un plancher de veufs en pleine santé.
L’application de ces quelques principes qui représentent un plan de prophylaxie de base est pour moi le meilleur moyen de lutte contre l’adénovirose, maladie virale qui décime nos pigeonneaux et pour laquelle nous ne disposons encore d’aucun moyen de lutte efficace en dehors de la constitution d’une équipe de pigeons en pleine santé et à jour de ses vaccinations.

Marc SPALART

Nous profitons de cet article pour vous rappeler que chaque amateur doit impérativement remettre à son Président de société un certificat de vaccination contre la paramyxovirose. En l’absence de certificat, l’amateur se verra refuser l’enlogement de ses pigeons.